Préservation et expansion du savoir humain

Écrit par Jim Ghadbane, directeur de la technologie, CANARIE

Sheldon Cooper mis à part (ce personnage de The Big Bang Theory aussi intelligent qu’insupportable qui semble tout savoir), personne ne peut à lui seul fabriquer d’automobile. Par là, je veux dire qu’aucun de nous ne sait comment tirer de l’acier du sol, comment faire du verre avec du silicium, comment produire du caoutchouc, du nylon, du tissu, des semi-conducteurs, de l’antigel et ainsi de suite.

Bon an mal an, l’humanité fabrique pourtant au-delà de vingt millions d’automobiles par année, soit environ 145 000 par jour ouvrable!

Les automobiles construites à la chaîne il y a un siècle n’ont ni l’aspect, ni la performance ou la sûreté des voitures modernes. Certes, elles ont, comme elles, été réalisées grâce au savoir et aux découvertes d’êtres humains qui ont malheureusement disparu depuis longtemps. L’humanité a néanmoins préservé l’essentiel de leurs découvertes. En effet, sauvegarder les connaissances du passé s’avère indispensable à la réalisation de nouvelles découvertes.

La première grande étape franchie pour préserver le savoir humain fut l’écriture. Lire revient un peu à laisser l’auteur d’origine nous inculquer directement son savoir. Avant l’écriture et la lecture, les connaissances étaient transmises par tradition orale et par mnémotechnie (il y a trente jours en septembre, avril, juin et novembre, par exemple). Essayez un peu d’apprendre à votre enfant à bâtir une Ferrari avec cette méthode!

La percée qui a suivi dans la rétention du savoir fut l’imprimerie. En rédigeant un ouvrage, l’auteur ou un petit groupe d’auteurs parvenait à atteindre la population entière – d’un individu à une multitude. L’invention de la presse d’imprimerie a contribué à augmenter le nombre de volumes, donc à faire rayonner les connaissances d’une façon sans précédent : des bibliothèques ont vu le jour localement, l’alphabétisme s’est propagé à une vitesse phénoménale, et le savoir collectif a crû de manière draconienne. Les connaissances se sont multipliées plus vite, de plus en plus d’humains recourant au savoir acquis dans le passé.

Une vitesse incroyable

La création d’informations progresse actuellement à une vitesse incroyable. Cette croissance alimentera l’expansion du savoir dans des directions que nous parvenons à peine à imaginer. Le moteur de cette croissance est l’Internet. Pour nous, techniciens, l’Internet est l’équipement – les routeurs, les lignes DSL, les fibres, les pylônes, etc. – à la base des systèmes qui constituent les réseaux. Pour le reste de la planète, l’Internet est la puissance de calcul, le stockage, Facebook, Google, Wikipedia, Yahoo, MSN, Twitter, et j’en passe. C’est là que l’action se déroule, le niveau inférieur n’étant que la plomberie qui permet à l’eau de circuler.

Contrairement aux deux premières étapes qui ont révolutionné l’expansion du savoir, l’Internet permet à chacun d’apprendre du passé et d’enrichir le bagage de connaissances de l’humanité. Il autorise la diffusion de l’information et la collaboration entre n’importe qui et qui que ce soit, entre un grand nombre et une foule d’individus, et de toute autre manière imaginable. Il permet aussi au savoir de parvenir sur le bureau ou dans la paume du commun des mortels – les jours où vous croisiez les doigts en espérant qu’un autre n’ait pas emprunté avant vous le livre dont vous aviez besoin à la bibliothèque sont révolus. Ce livre, vous l’avez déjà en main!

Est-ce qu’on pourrait créer un cochon volant?

Qu’arrivera-t-il une fois que l’humanité entière aura accès à la totalité du savoir amassé au fil des siècles? Le temps seul nous permettra de répondre collectivement à cette question, et la réponse nous surprendra à coup sûr. La surprise viendra en partie de la diversité des valeurs culturelles qui forgent l’humanité. Impossible de prévoir ce qui se passera quand les sociétés auront toutes accès au savoir universel.

Mon but n’est absolument pas de suggérer qu’il faut craindre les conséquences éventuelles d’un partage du savoir collectif. Cependant, nous devons nous préparer à vivre dans un monde où le savoir sera exploité d’une manière qu’on peut difficilement prévoir ou contrôler. On pourrait, par exemple, synthétiser de l’ADN afin de créer des cochons volants (fameux adynaton!), comme on pourrait y recourir pour faire luire des arbres dans le noir et ainsi combattre la pénurie d’énergie.

CANARIE fait sa part

CANARIE fait sa part pour que les Canadiens ne traînent pas de l’arrière dans cette expansion phénoménale du savoir humain et de la rétention des connaissances. Notre infrastructure numérique doit absolument continuer de s’adapter et d’évoluer afin que les Canadiens demeurent compétitifs dans l’économie du savoir.

À présent, essayons de voir comment mettre fin aux embouteillages – ou fabriquer des automobiles qui volent!

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